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Fourmis volantes : comment les identifier et s’en débarrasser ?

Petits insectes ailes perches sur une feuille verte

Un soir d’été chaud, des dizaines de petites silhouettes ailées surgissent d’une fissure de terrasse ou tournent autour d’une lampe. Ce sont des fourmis volantes, et leur apparition soudaine inquiète souvent plus qu’elle ne devrait. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un phénomène naturel, bref et inoffensif, qui signale toutefois la présence d’une colonie à proximité.

Qu’est-ce qu’une fourmi volante ?

Une fourmi volante n’est pas une espèce à part. C’est une fourmi ailée, c’est-à-dire un individu reproducteur de n’importe quelle fourmilière mature : des mâles et de jeunes reines, qui portent des ailes uniquement pendant quelques jours. Les ouvrières, elles, ne volent jamais. Chez nous, les espèces les plus concernées sont la fourmi noire des jardins (Lasius niger) et la fourmi charpentière (Camponotus), plus grosse et plus sombre.

La réponse courte à la question que vous vous posez : ces fourmis sont là pour le vol nuptial, elles ne resteront pas longtemps, et leur nid se trouve probablement à moins de quelques dizaines de mètres, dans le jardin ou parfois dans le bâti.

Fourmi ailée ou termite : le bon réflexe d’identification

La confusion avec les termites ailés est fréquente, et les enjeux ne sont pas les mêmes. Trois détails suffisent à trancher, à condition d’observer l’insecte de près (ou sur une photo).

Critère Fourmi ailée Termite ailé
Ailes Deux paires de tailles différentes (les antérieures sont plus longues) Deux paires de taille quasi identique, très longues
Antennes Coudées coudées, avec un angle marqué Droites, en petits grains
Corps Taille très fine, en « sablier » Abdomen large, pas de taille marquée

Si vous avez un doute, notamment avec des ailes retrouvées en tas près d’une fenêtre ou d’une plinthe, faites confirmer par un diagnostiqueur, car les termites relèvent d’une réglementation et d’un traitement spécifiques.

Le vol nuptial : pourquoi et quand les fourmis volent-elles ?

Le vol nuptial, aussi appelé essaimage, est le moment où les reproducteurs quittent la colonie pour s’accoupler en plein air. Toutes les fourmilières d’un même secteur déclenchent en général leur départ le même jour : cette synchronisation permet aux mâles et aux jeunes reines de colonies différentes de se rencontrer, ce qui évite la consanguinité.

Le calendrier dépend de l’espèce et de la météo. Les fourmis charpentières essaiment plutôt au printemps, parfois dès mai. La fourmi noire des jardins, elle, vole surtout de la fin juin à août, avec des pics très marqués. Le déclencheur typique est une journée de forte chaleur, avec un air lourd, de l’humidité et souvent un orage récent ou imminent. D’où ces envols massifs quand le temps change.

Après l’accouplement, le mâle meurt en quelques jours. La reine fécondée se pose, arrache ses ailes, cherche un abri (sol, souche, fissure) et fonde seule une nouvelle colonie. La plupart n’y parviennent pas, ce qui explique que l’essaimage ne produise pas autant de fourmilières qu’on pourrait le craindre.

Pourquoi des fourmis volantes envahissent-elles la maison ?

Fourmis ailees posees sur une vitre eclairee la nuit

Les fourmis ailées sont attirées par la lumière, d’où leur présence aux fenêtres et autour des éclairages en soirée. Elles entrent par les ouvertures, les gaines, les seuils ou les fentes de menuiserie, parfois portées par le vent. Dans ce scénario, il s’agit d’une intrusion passagère, qui s’arrête en quelques heures ou en un à deux jours.

Le cas est différent quand les insectes sortent de l’intérieur : d’une plinthe, d’un joint de carrelage, d’un mur ou d’une prise. Cela indique que le nid est dans le bâti, souvent dans un endroit humide ou isolé, comme une cloison, une dalle ou une poutre abîmée.

Dehors ou dedans : l’indice qui change le diagnostic

Observez d’où elles émergent. Si elles arrivent des fenêtres ouvertes ou du jardin, l’essaimage vient d’un nid extérieur. Si elles sortent en nombre d’un point fixe à l’intérieur, la colonie est chez vous et un traitement du nid devient nécessaire.

Les fourmis volantes sont-elles dangereuses ?

Pour la santé, le risque est très faible. Les fourmis ailées de nos régions ne transmettent pas de maladies et ne cherchent pas à attaquer. La fourmi noire des jardins peut pincer en cas de manipulation, mais sa morsure reste anodine. Aucune piqûre à craindre, puisque ces espèces n’ont pas de dard fonctionnel ; elles projettent parfois de l’acide formique, sans conséquence en dehors d’une peau très sensible.

La fourmi charpentière mérite plus d’attention. Sa morsure est plus nette, et surtout elle creuse des galeries dans le bois humide ou déjà dégradé pour y loger sa colonie. Elle ne le mange pas comme un termite, mais à la longue, elle peut fragiliser une charpente, un cadre de fenêtre ou une poutre.

Comment se débarrasser des fourmis volantes ?

Fourmis ailees posees sur un rebord de fenetre

Face à un essaimage, l’urgence est limitée : les insectes disparaissent seuls. Pour le quotidien, voici les gestes à adopter, dans l’ordre :

  1. Aspirez les fourmis ailées plutôt que de les écraser, puis videz le sac à l’extérieur.
  2. Éteignez les lumières proches des ouvertures et fermez les fenêtres en soirée pendant le pic de chaleur.
  3. Suivez les ouvrières pour repérer le nid : leur trajet mène à la fourmilière, que ce soit sous une dalle, au pied d’un mur ou dans une souche.
  4. Traitez la colonie elle-même avec un appât en gel ou en granulés, que les ouvrières rapportent à la reine.
  5. Pour un nid accessible dans le jardin, versez de l’eau bouillante ou appliquez une poudre de terre de diatomée.

Évitez la pulvérisation d’insecticide sur les insectes en vol : elle tue quelques individus sans toucher la reine, et la colonie continue de produire des reproducteurs. L’insecticide en spray reste utile en barrière sur un seuil, pas pour détruire une fourmilière.

Faites appel à un professionnel si le nid est dans un mur, sous un plancher ou dans une charpente, si vous identifiez des fourmis charpentières, ou si les envols reviennent chaque année à l’intérieur. La destruction du nid est la seule vraie solution durable ; tout le reste soulage sans résoudre.

Limiter le retour des colonies

Colmatez les fissures autour des portes, des fenêtres et des canalisations, réparez les fuites qui entretiennent l’humidité, et éloignez le bois de chauffage et les tas de compost des façades. Un jardin entretenu, sans souche pourrissante au contact de la maison, réduit nettement les chances qu’une reine fonde sa colonie près de chez vous.

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Article publié par la rédaction de maison-mag.org.

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